Archives mensuelles : septembre 2015

Sémiotique et Bible : N°159

SOMMAIRE et AVANT PROPOS N° 159 – Septembre 2015

Avant-propos

A l’écoute du discours sur la montagne (Mt 5-7) — Entrer dans l’écoute . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Jean-Yves THÉRIAULT

L’empreinte du septénaire – Mise en discours et énonciation (Gn 1-11) — Genèse 1 : le paradigme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Jean-Claude GIROUD

Isaïe 36-39 : Syntaxe verbale et sémiotique énonciative — La campagne énonciative de Sennachérib contre Juda et Ezékias (Is 36) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Théodore KALENDA YAHANU MWANA

 

 

AVANT-PROPOS

Ces derniers temps la tendance est aux séries : pour cette rentrée 2015, votre revue se met au goût du jour ! Avec ce numéro de rentrée débutent en effet trois séries d’articles, dont la publication se poursuivra durant les prochaines années en alternance avec des numéros plus ponctuels. Il s’agit de trois beaux textes, que nous vous proposons avec joie. Deux de ces articles commentent des passages de l’Ancien Testament et le troisième les trois chapitres de l’évangile de Matthieu désignés comme le « Discours sur la Montagne ».

La première série d’articles, proposée par Jean-Yves Thériault (Université du Québec à Rimouski, Groupe ASTER) abordera donc les chapitres 5 à 7 de l’évangile de Matthieu. Le présent article, le premier du parcours, commence par établir le cadre de la lecture : il découpe le texte en trois grands ensembles (v. 5,1-2 ; 5,3-7,27 ; 7,28-29), qui serviront de cadre à la lecture. Débute alors une lecture très fine et précise, qui considère d’abord la très brève première partie (v. 5,1-2), puis aborde la seconde partie (v. 5,3-16). Déprises de leurs ancrages référentiels dans la « réalité » et resituées dans leurs parcours textuels les figures entrent progressivement en dialogue figural les unes avec les autres, projetant une lumière nouvelle sur ce texte si – trop? – connu. 

Il s’agit ici d’ « entrer dans l’écoute », ce qui suppose à la fois une certaine façon d’ouvrir l’oreille (5,1-2) et des personnes capables d’entendre ainsi (5,3-16).

Les v. 5,1-2 constituent, avec les v. 7,28-29, le cadre narratif du texte. Aux v. 5,1-2, ce cadre « met en place un site et un auditoire spécifique au premier grand exposé de l’enseignement de Jésus. […] Il s’agit moins d’une situation réaliste que d’une mise en scène signifiante. L’enseignement donné en priorité aux disciples garde une destination plus large. Pour l’entendre pleinement, les foules doivent s’élever, de la plaine à cette hauteur entre ciel et terre où Jésus enseigne. Ce qui suppose qu’auditeurs (et lecteurs) sont invités à changer de niveau d’attente s’ils veulent se disposer à l’écoute du discours que Jésus prononce. »

Les v. 5,3-16 développent les conditions d’une audition compétente : « Dans leur ensemble, les divers parcours des béatitudes décrivent le type d’être humain apte à se mettre à l’écoute compétente du discours qui commence. Ces gens sont félicités, non pour des choses qu’ils vont faire, mais pour ce qu’ils sont dans le présent, parce que le locuteur les déclare compétents pour être les énonciataires du discours qu’il va énoncer. Puis, ceux et celles qui ont entendu les béatitudes et s’en reconnaissent les destinataires reçoivent la vocation d’entrer dans l’aventure qui découle de leur écoute effective : être ces « vous » à contre-courant de l’entourage mondain et assumer l’engagement d’être instaurés « sel de la terre » (v. 13) et « lumière du monde » (v. 14-16). Ce ne sont ni des honneurs ni des prérogatives mais une responsabilité : ne pas se dissoudre dans la société ambiante mais l’imprégner d’une « saveur » irremplaçable due à l’écoute du DM ; ne pas être seulement le reflet des conceptions courantes mais porter et répandre l’éclairage de la parole reçue de manière à ce qu’on en reconnaisse la source dans le Père qui est dans les cieux. »

La seconde série d’articles porte sur les chapitres 1-11 du livre de la Genèse. Proposée par Jean-Claude Giroud (Centre CADIR Lyon, Association CADIR-Isère), elle constitue une partie d’une thèse de Doctorat, L’empreinte du septénaire Mise en discours et énonciation Genèse 1-11 et Apocalypse 5-8, soutenue le 16 avril 2014 à l’université Lyon II sous la direction du Pr. Odile Le Guern. Cet article en inaugure le parcours de lecture par une analyse du premier récit de la création, en Genèse 1. 

Sa lecture développe deux plans parallèles : l’un figuratif, l’autre figural. Sur le plan figuratif, le récit déploie la création de l’univers par cet acteur parlant nommé Dieu. En sept jours – six plus un, Il mène l’univers depuis la « non-différenciation originelle » – cependant traversée par son « souffle divin » – jusqu’à ce comble de différenciation : le vis-à-vis avec un humain établi à sa semblance au point d’être lui-même articulé en vis-à-vis. Sur le plan figural l’article lit, par anamorphose, l’instauration de la parole dans le revers de ce récit créateur. Le déroulé des jours de la création en porte l’avènement : apparaissent ainsi le lieu de l’énonciation, les significations de l’énoncé, la schize qui sépare énoncé et énonciation, le débrayage qui les relie et l’embrayage qui lui répond, mais aussi le caractère inaccessible de l’énonciation, l’inauguration de la signifiance… et enfin l’établissement, par l’interlocution du sixième jour, du dédoublement entre énonciateur et énonciataire constitutif de l’énonciation.

Et voici la proposition théorique qui conclut l’analyse : « Genèse 1 n’est (…) pas à considérer simplement comme un récit de création, mais plutôt comme un « code » (un « système ») donné au lecteur, pour engager la lecture des « récits » (des « procès ») qui vont « raconter » la création. (…)

Au plan figuratif, se trouve présentée une création ou une mise en ordre des « choses » du monde, et cela est donné à voir ou à se représenter par des parcours figuratifs, comme autant d’isotopies figuratives pour une thématique de « création – fabrication » du monde.

Mais il se passe bien autre chose au plan figural, lequel, sur la base d’un dispositif de « différenciation », vient mettre en scène des actes de parole successifs, et dans un ultime acte de parole (« faisons »), inscrire l’ordre de la Parole elle-même dans l’humain. La parole de ce sujet parlant « clivé » n’est plus seulement créatrice, elle devient celle qui fait « naître » l’humain comme « homme et femme », porteur de cette altérité des sujets parlants : elle devient parole qui « engendre ».

La suite de ce parcours développera ce « paradigme originel » en examinant sa mise en œuvre en Gn 2-5 (« De la génération »), puis en Gn 6-11 (« De la géographie). 

La troisième série d’articles concerne les chapitres 36-39 d’Isaïe. Cette lecture, rédigée par Théodore Kalenda Yahanu Mwana (Diocèse de Mbujimayi, Congo, enseignant au Grand Séminaire, vicaire épiscopal et curé de paroisse), provient d’une thèse de Doctorat soutenue en juillet 2012 à la faculté de théologie de l’Université de Deusto, Bilbao, Espagne, sous la direction du Pr. José Abrego de Lacy : « Isaïe 36-39 : syntaxe verbale et sémiotique énonciative ».

Le texte aborde le premier chapitre de la séquence, Is. 36. Une première scène, très brève, met en place le cadre du chapitre : la conquête de « toutes les villes fortifiées de Juda » par Sennacherib, roi d’Ashour. La seconde scène, qui couvre le reste du chapitre, raconte une étape marquante de cette conquête : L’affrontement qui oppose, par personnes interposées, le roi victorieux Sennacherib à Ezékias, roi de Juda. Il envoie vers lui un émissaire, le « rav-shaqueh » (le mot signifie « celui qui fait abondamment boire »), qui convertit le conflit armé en une guerre de la parole. Il développe en effet une tentative d’intimidation qui se transforme en défi ouvert à l’adresse de Yhwh. Et de fait, la figure du croire vient peu à peu occuper le devant de la scène… La lecture attentive proposée par cet article, qui suit le texte pas à pas, montre comment l’attitude d’Ezékias, l’appui du prophète Isaïe et l’intervention de Yhwh retournent progressivement la situation jusqu’à une conclusion dont l’article présente ainsi les enjeux : « La punition promise à Sennachérib (37,7) et qui se concrétisera au moment de son meurtre par les mains de ses fils (37,38) signale l’écart et la tension entre cette foi première dans laquelle est établi Ezékias et la faute qui visait à l’en écarter, celle commise par le rav-shaqeh au nom de son maître Sennachérib. »

A tous bonne lecture … et bonne rentrée !

Sémiotique et Bible : N°158

SOMMAIRE et AVANT PROPOS N° 158 – Juin 2015

Avant-propos

Du progrès du lecteur et du texte sacré : la signifiante comme « virtus sacri eloquii » . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . Elie AYROULET

Et la parole ne parle pas, vue depuis la scène de Prologue au quartième Evangile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Philippe DOCKWILLER

Un regard clinique sur les effets de la parole . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . .  . . . . . .  . . . . . . .Bénédicte DESCARPENTRIES

Verbe de Dieu, mots de l’homme : quels dialogues dans l’homélie ?  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . Carole CALISTRI

 

 

 

 

AVANT-PROPOS

Notre revue continue à renouer le fil de ses publications : après le colloque de 2013, voici celui de 2014. Intitulé « La parole dans tous ses états » il interrogeait la forme particulière de signifiance (c’est-à-dire de capacité à produire des effets de sens) qui semble inhérente à la lecture biblique. Quatre articles, développés dans des directions très différentes, explorent ici cette perspective.

L’article d’Elie Ayroulet (Théologie, UCLy) l’aborde dans le cadre du corpus patristique. Pour rendre compte de la pensée (plurielle) des Pères concernant la puissance signifiante des textes bibliques, l’article s’appuie sur l’ouvrage de P. Cesare Bori, l’Interprétation infinie, avec lequel il entre en dialogue.

Il commence par rappeler la « virtus sacri eloquii » du texte biblique – sa « capacité infinie à engendrer du sens pour lui-même et pour « celui qui le lit », et la développe dans un parcours qui recense quelques thèmes majeurs. D’abord le dynamisme inhérent à la lecture de l’Ecriture : le texte le rapproche d’une « pâque vers la Terre Promise, à savoir le lieu de sa pleine identité de fils de Dieu. » Elle est en effet un « lieu de rencontre avec le Logos divin ». Suit un examen de l’effet produit par cette Parole, dans sa « capacité… à convertir son lecteur, à le tourner vers Dieu » : « Seule l’Écriture conduit à connaître son besoin d’être sauvé (en ce sens elle enseigne) et ce faisant, conduit à la conversion c’est-à-dire à se tourner vers Dieu, à implorer sa grâce ». Après un rappel des règles interprétatives proposées par Augustin pour guider cette conversion, le parcours en vient à l’indication de ce « telos » : « La Parole saisit son auditeur-lecteur en le conformant à elle, pour le configurer à son tour en Parole vivante. » Intervient là la fonction du « Christ-Logos » comme « source » de ces « effets de l’Ecriture ». Cela confère à l’Ecriture « une dimension de sacramentalité » qui pourrait être analogue « à la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin consacré ».

L’article prend alors un nouveau recul pour reconsidérer, entre continuités et écarts, les positions des Pères à la lueur des herméneutiques contemporaines – notamment l’herméneutique du sujet élaborée par Gadamer ou les perspectives ouvertes par Emmanuel Lévinas à une lecture juive des Ecritures. Il s’achève ainsi : « Au terme de ce bref parcours avec quelques Pères de l’Église, nous pouvons conclure que pour eux l’Écriture, si elle est un texte, est d’abord et avant tout parole-logos, autrement dit, elle demeure pour être écoutée. Ce qui veut dire que pour les Pères de l’Église, le texte de l’Écriture n’a aucun sens pour lui seul. Il demande à être reçu, lu et donc interprété. »

Des lecteurs sémioticiens, nourris par une pratique interprétative et régulée des textes bibliques, ne pourront que souscrire à cette belle conclusion. Elle confirme l’hypothèse qu’aura peut-être suscitée en eux la lecture de cet article : la sémiotique pourrait bien être une résurgence patristique de notre temps. Elle communierait ainsi, à la suite des Pères, à ce qui a été nommé « la table de la Parole ».

L’article de Philippe Dockwiller (Théologie, UCLy) se situe « à la croisée de la sémiotique et de la théologie fondamentale. La première est ici reçue comme théorie de l’énonciation, la seconde représente l’aspect réflexif le plus abouti de la dogmatique chrétienne, à savoir l’exploration des conditions de réception d’une parole en provenance de Dieu ». Ce texte aborde la question de la signifiance à partir de l’articulation entre le dire et l’entendre postulée par la théorie énonciative développée au CADIR durant les dernières années. Son propos s’appuie sur une lecture du Prologue de l’évangile de Jean menée en deux moments : une analyse littéraire, reprise du point de vue de la théologie fondamentale.

L’analyse littéraire procède, à partir de la structure du texte, à une éclairante (dé)monstration qui désigne ce centre de perspective : le rapport entre lumière et parole. Elle souligne également le caractère oxymorique d’une « Parole » qui « ne parle à aucun moment du Prologue » et qui pourtant agit : « elle est et fait bien autre chose qu’elle-même »… La puissance signifiante de la parole revient ici en force, dans un écho parlant avec l’article précédent.

La reprise théologique vient alors interroger cette « mise en scène » d’un « mutisme avéré du logos » de façon à dégager « un profil de la possibilité qu’existe une vraie « théo-logie », « Parole de Dieu » et « parole avec Dieu », et qu’elle est bien introduite et fondée dans le Prologue de Jean. » Voici une esquisse de ce fondement : « dans le Prologue, la Parole est la lumière elle-même. Autrement dit, la lumière est déjà la chair de la Parole. Pour Jean, c’est la qualité somatique du cri qui donne de parler. » 

Et voici la proposition, véritablement fondamentale, qui en découle : « Le vrai parcours de la théologie est de contempler la Parole qui se tait pour retrouver d’abord l’être. Fondés en elle, nous pourrons proposer nos mots, et retourner au silence, car nous ne sommes jamais la source de la Parole. Le bâti et le propos du Prologue nous le montrent, et en silence. »

L’article de Bénédicte Descarpentries (Psychanalyste, Lyon) situe quant à lui la signifiance dans des « effets de la parole » observés au croisement entre psychanalyse et sémiotique. Ce texte propose une belle méditation sur les conditions et les enjeux d’une parole ternaire mise en jeu tant dans la pratique psychanalytique de son auteur que dans la lecture sémiotique des textes bibliques. L’écriture du texte s’inspire elle-même de la forme énonciative qu’elle décrit : cette écriture en « je » cherche à montrer, plutôt qu’à démontrer, les échos qui associent psychanalyse et lecture biblique.

L’article parle d’abord du travail clinique de son auteur, psychanalyste d’enfants. Il y souligne la priorité donnée à un « silence » qui cherche à « rendre disponible » à la rencontre de façon à permettre que soient nommées les « sensations », sans quoi « le sujet ignore ce dans quoi il pris. » La poursuite de cette évocation, appuyée sur le souvenir de cures, met en évidence la dimension relationnelle de la parole, ce vis-à-vis énonciatif d’un Je et d’un Tu : c’est précisément « cet appel fondateur de l’autre en nous qui permet au sujet de se lever et de prendre la parole à son tour. » Ainsi « la parole surgirait de l’attente de l’autre, du manque, et de notre incomplétude. ». Et dès lors « Celui qui rejoint la souffrance de l’autre et la met en mots remet la vie en circulation. Rejoindre l’autre en s’approchant au plus près des sensations révèle la vie en soi et en l’autre. Parler nous rend vivants, la parole est comme la marque de l’invisible en nous, elle est insaisissable : elle surgit entre nous. Elle laisse des traces, et creuse des effets profondément en nous et entre nous. » De ces considérations découle un « devoir de parole » qui pourrait être celui de tout humain : « le devoir d’une parole juste, c’est-à-dire ajustée entre nos actes et nos mots afin que la vie circule en nous. » En effet « La parole qui touche est habitée de l’être qui l’énonce. »

Tout cela, qu’une pratique professionnelle a enseigné à l’auteur de cet article, elle l’a également rencontré dans l’ « univers de la Bible » : « en l’écoutant, en me laissant imprégner par lui j’ai reconnu nos plaies, nos souffrances et nos méandres, les mêmes que j’entendais dans mon cabinet, les nôtres, celles de notre humanité. Et tout autant, peu à peu, j’ai entendu l’immense espérance dont il était porteur par les traversées qu’il indique sans jamais édulcorer les passages et la violence par laquelle toute naissance doit se réaliser. Il laisse percevoir la vie toujours la plus forte, malgré tout. La vie plus forte que toutes les torsions, que toutes les errances, que toutes les désespérances. Ces pages nous parlent d’une mise au monde qui n’en finirait pas, comme si la création était dans les balbutiements de son enfantement. »

En cela aussi pourrait donc s’indiquer la signifiance de ces textes, dont la parole est habitée par la Parole : dans cette capacité à éclairer les blessures de l’humain d’une espérance qui les rend lisibles sous l’angle de la vie, et comme autant de chemins d’une création en perpétuel devenir. 

L’article de Carole CALISTRI (Sciences du langage, Université de Nice), traite d’un développement particulier de la signifiance des textes bibliques : l’homélie qui cherche à la mettre à disposition des participants à une eucharistie. En préambule à sa lecture, voici la présentation qu’en fait son auteur : « On peut considérer les rapports entre Dieu et les hommes dans le cadre d’une histoire conversationnelle : au commencement était le Verbe, qui sépare les ténèbres de la lumière et crée le monde. Dieu dit et cela fut. Il parla ensuite à Adam, à Eve, à leurs descendants, aux prophètes d’Israël et jusqu’à aujourd’hui. Il intéresse ici de considérer la médiation toute particulière que représente dans cette transmission de la Parole l’homélie. En effet, les dialogues de la messe sont dûment écrits, la Parole de Dieu qui y est lue, l’est avec des mots autorisés, c’est-à-dire avec une relative stabilité. Dans cet ensemble, l’homélie est un élément différent (on rappellera ici l’intéressante étymologie de sermon – dans la langue classique : « paroles échangées, entretien, propos; langage familier » ). On se propose de regarder de plus près en quoi consiste dans l’homélie le dialogue du prêtre avec l’assemblée – mais pas seulement – en prenant l’exemple d’une homélie dominicale ordinaire. »

L’observation commence par rappeler les prescriptions magistérielles concernant l’homélie avant d’examiner une homélie particulière, qui traite du mystère de la Trinité. Puis l’étude passe en revue les citations scripturaires sur lesquelles elle s’appuie avant de décrire les instances énonciatives qu’elle met en œuvre : ces examens approfondis développent avec finesse les enjeux de sens engagés dans les choix analysés. L’analyse s’achève sur cette importante conclusion : « Il est donné à voir ici que si, en effet, le prêtre seul oralise, les fidèles sont présents de manière importante dans son discours à travers le soin que prend leur pasteur de les instruire dans un guidage très pédagogique et surtout la manifestation qu’il appartient aussi au peuple qu’il est chargé d’exhorter. »

A tou(te)s, bonne lecture.